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vian:sagesse_des_nations [2018/11/10 13:48]
mathieu [3. LA CRUCHE]
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mathieu
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 ====== Lettre au provéditeur-éditeur sur la sagesse des nations. ====== ====== Lettre au provéditeur-éditeur sur la sagesse des nations. ======
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 +<wrap lo>​Cahier 11 du Collège de '​Pataphysique
 +(25 mordre 80 = 11 juin 1953)</​wrap>​
  
 Voilà, monsieur, je suis fasciné par les proverbes comme l'​oiseau rock par une vestale Besnard. J'ai donc étudié les proverbes de près, c'​est-à-dire tout seul ; les documents trahissent, et isolent qui les scrute de leur objet initial. Étant l'​émanation de la Sagesse des dites, les proverbes, on peut s'​attendre qu'ils nous donneront la clé du monde, et on n'est pas étonné. On l'a. C'est inutile car le monde n'est pas fermé, et satisfaisant car la clé est un bel objet décoratif. Comment on l'a, c'est ce qui suit. Vous y plongerez-vous avec moi ? Voilà, monsieur, je suis fasciné par les proverbes comme l'​oiseau rock par une vestale Besnard. J'ai donc étudié les proverbes de près, c'​est-à-dire tout seul ; les documents trahissent, et isolent qui les scrute de leur objet initial. Étant l'​émanation de la Sagesse des dites, les proverbes, on peut s'​attendre qu'ils nous donneront la clé du monde, et on n'est pas étonné. On l'a. C'est inutile car le monde n'est pas fermé, et satisfaisant car la clé est un bel objet décoratif. Comment on l'a, c'est ce qui suit. Vous y plongerez-vous avec moi ?
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 Répétons-le : l'eau n'y est pour rien. L'​homme,​ au demeurant, s'en fout bien, parce qu'il peut toujours en fabriquer une autre pourvu qu'il dispose d'​argile,​ de soleil et de talent, éléments simples fort répandus à la surface du coléopterre sur lequel nous citoyens. Et cette élimination de l'eau, inattendue mais prévisible,​ nous permet bien de regagner les perspectives enthousiasmantes du début, à savoir qu'un homme aura toujours assez de cruches pour venir à bout de l'eau, qu'il pourra avantageusement,​ à l'​occasion,​ remplacer par le sirop de lune, la vodeca, le pett e-roll, l'​aguardiente,​ le pulque, le raki, le saké, le bayrum, le tequila ou tout autre liquide dont la consommation immodérée constitue la supériorité essentielle de l'​humain sur le cruchesque, voire sur le reste de la création, ainsi que le démontre son comportement après l'​absorption de ces produits spirituels dus uniquement à son industrie, laquelle outre qu'​elle produit des cruches et des proverbes, en fait l'​égal d'un Dieu auquel, du reste, nous ne croyons pas. Car nous lui préférons le monde, et avant tout le Monde '​Pataphysique,​ le seul réglé dans des sens quelconques au choix, et qui, lui, tourne à la vitesse variable dont naissent les gravités dissemblables par la vertu desquelles nous pouvons, enfin, percevoir l'​accélération,​ le mouvement, le sommeil, la Chandeleur et la fumée comme des entités diverses, fructueuses,​ favorables (s'il fait beau) et dignes, quoi qu'il arrive par la suite, d'​être conservées dans la mémoire des hommes jusqu'​à ce que, monsieur, vous me direz enfin de m'​arrêter,​ à quoi j'​obtempère en restant, vous n'en doutez pas, votre obéissant serviteur. Répétons-le : l'eau n'y est pour rien. L'​homme,​ au demeurant, s'en fout bien, parce qu'il peut toujours en fabriquer une autre pourvu qu'il dispose d'​argile,​ de soleil et de talent, éléments simples fort répandus à la surface du coléopterre sur lequel nous citoyens. Et cette élimination de l'eau, inattendue mais prévisible,​ nous permet bien de regagner les perspectives enthousiasmantes du début, à savoir qu'un homme aura toujours assez de cruches pour venir à bout de l'eau, qu'il pourra avantageusement,​ à l'​occasion,​ remplacer par le sirop de lune, la vodeca, le pett e-roll, l'​aguardiente,​ le pulque, le raki, le saké, le bayrum, le tequila ou tout autre liquide dont la consommation immodérée constitue la supériorité essentielle de l'​humain sur le cruchesque, voire sur le reste de la création, ainsi que le démontre son comportement après l'​absorption de ces produits spirituels dus uniquement à son industrie, laquelle outre qu'​elle produit des cruches et des proverbes, en fait l'​égal d'un Dieu auquel, du reste, nous ne croyons pas. Car nous lui préférons le monde, et avant tout le Monde '​Pataphysique,​ le seul réglé dans des sens quelconques au choix, et qui, lui, tourne à la vitesse variable dont naissent les gravités dissemblables par la vertu desquelles nous pouvons, enfin, percevoir l'​accélération,​ le mouvement, le sommeil, la Chandeleur et la fumée comme des entités diverses, fructueuses,​ favorables (s'il fait beau) et dignes, quoi qu'il arrive par la suite, d'​être conservées dans la mémoire des hommes jusqu'​à ce que, monsieur, vous me direz enfin de m'​arrêter,​ à quoi j'​obtempère en restant, vous n'en doutez pas, votre obéissant serviteur.
  
-<wrap lo>​Cahier 11 du Collège de '​Pataphysique +
-(25 mordre 80 = 11 juin 1953)</​wrap>​+